detour

14 décembre 2008

Eme et Mat, le retour

Cà y est, nous sommes de retour à la case départ: Paris.

et désormais, nous sommes débordés!!

dernières photos, dernier post, derniers dessins... dans quelques jours

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03 décembre 2008

Tamarindo

A Tamarindo on y est perd notre espagnol, il faut parler l'anglais américain. Les étasuniens y sont si nombreux que la ville a été renommée Tamagringo. On reconnait les vacanciers des rédisents parce que les derniers se promènent avec des chiens.

Depuis que la pluie ne s'arrête plus de tomber dans le reste du pays et bloque beaucoup de routes, nous restons ici. Nous y sommes depuis une semaine. La plage et les vagues sont belles, Mathias fait un peu de surf. On a exploré avant hier la mangrove, il s'y trouve des crocodiles de belles taille.

Alejo, le nouveau pote de Mathias, ils ne se quittent plus ce deux là, est photographe. Il nous a donné quelques photos à vous montrer...

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21 novembre 2008

Eco tourisme et loi de la jungle

L'éco-tourisme. Avec une nature pareille, le Costa Rica a de quoi offrir aux passionnés et convertir les autres. Toutes les activités proposées pour divertir les visiteurs sont tournées vers la nature, ce qui leur vaut le label éco-tourisme.

Alors l' « éco-tourisme », qu'est ce que c'est exactement? Il me semblait qu'il s'agissait d'activités touristiques développées au bénéfice des populations locales et de la protection de la nature. L'organisation des visites guidées dans les parcs naturels par exemple, entre dans le concept. Ceci rapporte au moins 25$ à chaque entrée de parc (pour une dizaine de parcs et un million de visiteurs), c'est un revenu extrêmement important pour lutter contre la déforestation, pour favoriser l'information et prévention contre les pollutions... Cela permet aussi de préserver et développer les savoirs sur la faune et la flore...

Mais pour se loger l'éco-tourisme c'est quoi? C'est l'écolodge dans la forêt, sur la plage, au milieu de la nature auquel on ne peut se rendre qu'après 30 min de 4x4 ou c'est une simple chambre avec vue sur rue au village où on se rend à pied? C'est le projet des investisseurs étrangers,  qui ont rasé 1 ha de bois pour construire un hôtel dans une démarche de recyclage des déchets et de récupération d'eau? Ou c'est le petit hôtel familial à côté des maisons, qui fait vivre 10 personnes de la grand mère au petit fils, mais qui n'a jamais entendu parlé des ampoules à économie d'énergie? Là ce n'est plus très clair...

Randonnées, visites guidées, bain aux sources d'eaux chaudes, tyrolienne en forêt, plongée, rafting,... des activités nature, c'est sûr, de l'éco-tourisme? Peut être...?

Quelques exemples pour vous faire un avis:

A Tortuguero, vers 5h30 le matin, une dizaine de petites barques glissent sur le courant ou le remontent à la rame le long des rives, en silence. Les animaux se réveillent et partent en quête de leur petit déj. Les touristes sentent, écoutent, regardent cette nature s'éveiller de leurs yeux ébahis ou au travers de jumelles et d'objectifs. Les guides natifs du village ont l'œil et orientent les regards, expliquent ce qu'il se passe. Le « tour » dure 3h. 10$ pour entrer dans le parc naturel. 15$ pour le guide. Éco-tourisme?

A Tortugero, vers 7h le matin, trois grosses embarcations abordent les berges plein moteur. Ils manquent de renverser les petites barques au passage. Ces touristes là ont dormi plus longtemps et ont plus de sensations fortes au réveil, leur bateau fait des vagues. Ils peuvent prendre des photos des oiseaux qui s'envolent à leur passage. Les guides de l'hôtel récitent leur texte et montrent les animaux en photos. Le « tour » dure 1h. Le tout est inclus dans le forfait tour-hotel à 300$ les deux jours. Eco-tourisme?

A Tortuguero toujours, l'endroit est mondialement réputé pour ses tortues marines qui viennent pondre sur la plage. Et beaucoup de gens se déplacent pour ce spectacle. L'argent permet de protéger le site des braconniers par exemple. Mais en ce moment on sait que ce n'est pas la saison.

Vers 15h, alors qu'on vient d'arriver, un guide nous recommande de faire attention en se promenant sur la plage, de surveiller les petites tortues s'il y a une éventuelle éclosion.

Vers 15h10, un autre guide nous propose un « tour tortues ». Lui, il assure qu'il y aura des éclosions sur la plage. (Des gens nous racontent plus tard que ce même guide qu'ils ont suivi, creuse, force les petites tortues à sortir et les pousse à la mer. Il lui faut du spectacle pour le prix qu'il demande!). « Tour » d'1h, pour aller sur la plage où tout le monde va de toute façon. 15$ par personne.  Eco-tourisme?

Le concept est très développé au Costa Rica, puisque tout est dit « écologique », « 100% nature »! C'en est devenu complètement aberrant. Par exemple on peut louer un 4x4 dans une agence écologique, au restaurant on peut manger un plat écologique...??? si quelqu'un veut tenter une explication!...

Le tourisme n'a jamais été écologique, et ne le sera jamais. Ce sont deux termes littéralement opposés! Pourtant certains projets sont très intéressants puisqu'ils ont permis de sauver beaucoup de sites, d'espèces, de mode de vie naturels. Malheureusement ils se trouvent noyés dans une vague marketing de tout et n'importe quoi.

Au Costa Rica l'impossibilité de concilier éco-tourisme et tourisme de masse est évidente. Tout le monde tente de surfer comme il peut sur cette vague du dit « tourisme vert ». Et la manne financière qu'il génère ne favorise pas les restrictions nécessaires....

D'un côté quelques organisations se battent pour de vrais projets valables, de l'autre les gros investisseurs nord américain vendent les leurs avec l'étiquette « écologique » des premiers. Dans le sillon, une partie de la population locale profite de cette notoriété, au jour le jour, au bon vouloir des investisseurs, en abusant de la naïveté des visiteurs... Cela ne va pas sans corruption. Cela ne va pas sans violence. Beaucoup d'insécurité pour tout le monde.

Nous sommes ici. Nous ne sommes pas très à l'aise. Beaucoup d'autres touristes sont comme nous, plutôt perplexes...

Mais après tout, la loi de la jungle, quoi de plus naturel!!!

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20 novembre 2008

« Ahhh le Costa Rica!... »

« Et après, vous allez où? » En voilà une question à laquelle la réponse se raccourcit avec le temps... Parce que çà y est, nous avons atteint la dernière destination avant la France: le Costa Rica.

« Ahhh le Costa Rica!... », s'exclame-t-on un peu partout avec le ton rêveur. C'est étonnant comme le monde entier connait ce petit de pays. Pourquoi lui plus que la Belgique? Vous avez quelque chose contre les frites? La carte de visite costaricaine est tout simplement plus alléchante!: « La pure vie! » entre Caraïbe et Pacifique avec le légendaire accueil des Ticos, une nature exceptionnelle et un éco-tourisme très actif... (de quoi remplir des charters d'écolos)

L'accueil. Çà ne fait pas tout mais çà fait beaucoup! A l'aéroport un chauffeur de taxi nous aide à nous repérer pour prendre le bus, c'est bien moins cher nous dit-il. L'agent de sécurité lui, court nous chercher un plan, çà évitera qu'on se perde. Dans le bus, deux dames nous offrent spontanément les tickets, sourires, et conseils utiles. En ville, pas moins de six personnes viennent à nous et nous indiquent le chemin ou les bons plans. Et bien tout cela, c'est plutôt pratique et çà fait très plaisir!

En revanche, San José, la capitale n'a rien de plaisant et ne vaut pas le coup de s'y attarder, compte tenu de ce qu'offre le reste du pays. Plages, forêts, volcans, lac... tout est parc naturel... alors on élit un peu au hasard la région sud caraïbe comme premier point d'exploration. Cette zone est un peu mise à part par le reste du pays car l'anglais jamaïcain, les plats épicés et la population qui va avec sont vus d'un mauvais œil. Mais le petit bled de Cahuita est très cool, surtout pour qui aime le bruit des vagues, les arbres et le reggae. Çà nous va bien.

La nature. La forêt est très dense. On y voit de prime abord que du végétal. On entend des animaux. Des cris bizarres. Et ce n'est que petit à petit qu'on remarque les habitants. Le grand papillon bleu: le morpho, le petit singe à tête blanche: le capucin, le colibri, et le fameux paresseux qui donne le temps d'admirer ses gestes! C'est vraiment chouette.

Tortuguero, c'est un petit village plus au nord où on ne peut aller qu'en barque, par des canaux. (Ou en avion aussi). Cette langue de terre non seulement coincée entre la mer et la rivière, est pendant la saison des pluies, sous l'eau, les pieds dans les flaques. Je peux vous assurer que ça coasse fort le soir, même pendant la tempête. Sur la plage, on croise par hasard trois petites tortues, à peine sorti de l'œuf, luttant contre le vent et l'écume pour rejoindre les grands fonds... Au petit matin, en silence dans notre barque, on assiste au réveille de la jungle: les singes, les toucans, les échassiers, les fleurs... les caïmens pour leur part dormaient encore. Une nature absolument incroyable.

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13 novembre 2008

Fichu Machu

Nous nous réveillons au plein coeur du Pérou touristique: à Cuzco, « un des plus joli centre-ville du monde! » dixit Mathias. L'ancienne capitale est  riche de son passé, et c'est plutôt agréable de s'y promener. Mais si la quasi totalité des visiteurs viennent à Cuzco, ce n'est pas pour ses cathédrales, ses places, ses petites rues pavées ni même pour les montagnes qui la bordent, c'est en premier lieu pour les vestiges du site incas: le Machu Pichu!

Une découverte pareille çà change un pays! Une région au moins! L'Unesco s'y intéresse, les archéologues, les historiens... puis et surtout les agents touristiques! Il faut construire alors des infrastructures, des lieux pour accueillir, pour manger,... Un site qui déplace comme celui là, les foules du monde entier, çà créé de l'activité, de l'emploi, de la richesse... Et à en croire les gens du coin, la vie s'est littéralement transformée, nettement améliorée avec la grosse machine Machu Pichu. Pour tous ceux qui en profitent plus ou moins directement, c'est certain. Mais qu'en est-il pour les autres, ceux qui doivent faire face à l'inflation galopante liée au tourisme?? Simple question... Car les personnes qu'on rencontre tirent toutes profit de notre venue.

Alors le Machu Pichu? Qu'en est-il?

Plusieurs options s'offre à vous quand vous arrivez à Cuzco.

- Au plus simple, pas moins de 40 agences proposent d'organiser l'excursion sur la journée à partir de 135$/pers., (souvent bien plus), en groupe de 50...

- La formule plus perso, consiste à acheter soi même son ticket de train, puis de bus, puis d'entrée, puis du guide... pour presque la même somme, en classe de base. 

Dans les deux cas, il faudra prévoir passer une nuit à Aguas Calientes, cul de sac, piège où le touriste n'a pas d'autre choix que se laisser dévorer...

- Les plus sportifs choisiront l'option du chemin des Incas, rando sur 3 à 5 jours, sans aucun doute magnifique, accompagnés d'un guide, pour environ 350$/pers...

-Ne pas aller au Machu Pichu. C'est l'option la plus appropriée à ceux qui ne veulent pas dépenser 200€/pers. C'est l'option obligatoire, pour ceux qui ne sont pas organisés, comme nous, et qui attendent de voir sur place. Car, pour le chemin des Incas, il faut maintenant réserver plus de trois mois en avance!! Pour la visite à la journée, plus de deux jours avant et pour acheter un billet de train...houou...

On renonce à la très longue file d'attente pour trouver cet improbable ticket.

Avec les bus locaux, on se rend rapidement dans la vallée sacrée des Incas, au beau milieu des montagnes en terrasses. Dès qu'on s'écarte un peu du centre ville, la facade du quotidien des péruviens est moins enjolivée. Le tourisme des petits villages de Pisac, Urubamba ou Ollantaytambo est très loin derrière la grande machine Cuzco/MachuPichu. La vallée regorge pourtant de traces Incas toutes aussi précieuses, sinon plus. On se régale pendant deux jours à se balader dans les villages, à crapahuter jusqu'aux ruines, à apprendre de notre gentil guide et des vieilles pierres sur la civilisation Incas... L'intérêt de ces sites est injustement mis de côté.

L'affût touristique démesuré du Machu Pichu est très lié à son succès médiatique. Effet d'appel parfait sans logique archéologique ni de facilité de transport (sinon les autres ruines de la vallée auraient été choisies), mais bel et bien dans une logique financière...  pour preuve, le site est aujourd'hui victime de son succès, et pour sa préservation, on évalue que le nombre de visiteurs ne doit pas excéder plus de 800/jours. Or, il tend généralement autour de 2000 chaque jour.

Succès publicitaire. Le Machu Pichu est un symbole. Mauricio et Elisabeth, des touristes péruviens avec qui nous passons la journée confirment: « Le machu Pichu, on y va qu'une fois dans sa vie. On économise, on économise... pour dire on est allé au Machu Pichu! »...

Et bien nous, nous sommes allés à Pisac et Ollatanytambo, et c'était très bien aussi. En plus en discutant avec les gens là bas, on découvre peu à peu une autre option pour le Machu Pichu, celle qui ne s'offre pas à vous mais que vous pouvez vous offrir plus facilement, le cœur plus léger. En se rendant en transport local à Santa Theresa, il faut compter une bonne journée, un chemin mène en quelques heures de marche au fameux site! On l'a su trop tard, on n'aura pas découvert le dit « trésor » mais on a maintenant la clé... pour une prochaine fois. Encore plus fascinant :)

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09 novembre 2008

Les fourmis

Accélérer, accélérer, c'est pas gagné. Notre prochaine destination c'est Cuzco, au Pérou, et la route ayant été bloquée plus d'une semaine, les bus au départ de La Paz sont tous complets. Mais nous sommes chanceux nous trouvons deux places, dans un bus direct, confortable et rapide. Départ 8h, c'est parfait.

Hors de la grande ville, l'espace est beaucoup plus épuré. Il n'y a que des fermettes, généralement deux petits bâtiments en terre avec un enclos devant, quelques labour et autour, un petit troupeau de moutons ou de vaches. Rares sont les véhicules, les ânes ont bien plus la côte. A mesure que l'on approche de la frontière, certains habitants osent la couleur sur les portes. Du bleu... De l'autre côté de la route il y a maintenant le lac. Le fameux lac Titicaca qui fait rire les enfants en France. Quelques embarcations, retournées dans les roseaux, attendent l'heure de la pêche.

A Desaguadero, on doit passer à pied le petit pont qui sépare les deux pays, et prendre un bus. Il faut se faufiler entre le vas et vient de marchandises jusqu'à l'office de transport où on nous annonce qu'on devra attendre trois heures et demi avant le départ. Çà commence à sentir l'embrouille ce soit disant bus rapide, direct...

... et confortable. Plus tard donc, on embarque. Et visiblement, la photo du bus pimpant à l'agence où on a acheté nos billets était très vieille!! Le service à bord est cependant attentionné. Quelques dames aux grandes jupes nous installent sur une petite couverture, et même deux si on veut. Elle proposent également vestes et manteaux!? Il doit faire froid là où on part!?

Sur plusieurs centaines de kilomètres, on suivra le lac et les activités alentours. Sur des centaines de kilomètres aussi, le bus perdra son maigre élan pour charger des gens autant qu'il puisse en entrer. On n'est pas les plus à plaindre puisqu'on a des sièges. Seulement avec tout ce monde il commence à faire très chaud et on ne peut plus circuler dans le rang. Or, les toilettes se trouvent au fond du car, et au bout de quelques heures il convient de s'y rendre. La grande épreuve... acrobatique pour y aller sans écraser tête ni paquet, et sensorielle quand on y est... avec d'abord un dégout tactile dès qu'on empoigne la porte poisseuse, puis visuel le lieux n'étant jamais très réjouissant et enfin olfactif, le plus redoutable, celui qui nous colle encore plusieurs minutes après être ressorti. On renonce maintenant à tout espoir de confort.

Au énième arrêt de notre bus direct, de furtifs passagers montent à bord. Ce sont les hommes de la douane qui font un tour rapide et désengorge un peu l'allée du milieu en saisissant quelques paquets. Tout se fait très vite, personne ne dit rien. Ils redescendent, on redémarre. Ils n'ont vraiment pas de flair ces douaniers, parce qu'ils n'ont même pas prêté attention au sac de viande fraîche et chaude qui pendouille juste derrière nous (et pourtant...pfffoua). Commence alors un piaillement houleux entre trois bonnes femmes. D'autres prennent partis... Une musique locale vient couvrir tout çà, et la paix revient.

Nous sommes dans ce bus depuis 5 heures, il fait nuit et nous sommes à mi parcours quand le bus ralenti encore. C'est le silence parfait quand il s'arrête et que la douane monte à nouveau. Je me retourne et là surprise! Vous savez, un peu comme au jeu 1, 2, 3, soleil. On se retourne et les gens ont changé de position et reste immobiles l'air de rien. Et bien là c'est pareil, sauf que les gens ont tous revêtus un vêtements qui cloche sur eux. Une grosse doudoune, deux blousons en cuir, un paire de basket, une combinaison de ski... et ils attendent l'air de rien. Je crois bien que nous sommes les seuls à ne pas s'être déguisés!

Le car ira peut être plus vite après, parce que la douane ouvre cette fois tous les paquets de l'allée, ceux entassés dans les casiers au dessus, sous de sièges... ce sont des mètres cubes entiers qu'ils emportent, de vêtements d'hiver, de duvets, de décorations de noêl, de couettes... et de couvertures! On commence à comprendre le pourquoi du moleton qu'on a sous les fesses! La saisie s'effectue dans le silence, et comme tout à l'heure, quand les portes se referment le brouhaha reprend. Des rires cette fois, de satisfaction quand elles ressortent de sous les jupes ou de sous la couche de bébé, d'autres manteaux, casseroles, peluches...

Vous aurez compris comme nous que nous sommes victimes? complices? pour le moins embarqués dans un trafic de marchandises en provenance de la zone franche au Chili apparemment, et qui tente d'éviter les taxes à la vente. Il est 22 heures, on n'en peut plus et un autre contrôle de police sème la pagaye, puisque l´autorité annonce qu'elle sera à l'arrivée. La dernière heure du voyage est la plus éprouvante. D'abord parce qu'on roule le coffre ouvert et que le chauffeur qui en à marre ne veut pas s'arréter, alors on stresse un peu de perdre nos sacs dans un virage. Et puis tour à tour, les bonnes dames supplient la chauffeur de s'arrêter pour décharger, éparpiller le butin un peu ici où le mari prévenu au téléphone attend déjà, un peu là dans la benne du pick up qui arrive... On arrive à Cuzco à minuit, avec seulement 5 heures de retard, on imaginait plus, et nos sacs sont là. C'est pas merveilleux tout çà!

L'organisation à laquelle participent tous nos co-passagers s'appelle « la contre bande de fourmis », pas besoin d'expliquer pourquoi...

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08 novembre 2008

Bref passage en Bolivie

Haaa, le joyeux bordel de taxi enchevêtrés les uns dans les autres. Les klaxons et protestations s'emmêlent, çà n'arrange rien à la situation. La dernière fois que nous vivions une situation pareille, c'était je crois, 5 mois en arrière, au Cambodge. Bienvenue cette fois-ci, en Bolivie!

Nous nous engouffrons dans la Paz. La ville s'étale dans une sorte de cirque dont les flancs sont entièrement couverts de petits immeubles empilés de tout bas jusque tout en haut. Un « tout en bas » relatif tout de même, puisque la ville se situe à 3600m au dessus du niveau de la mer. Ceci permet de comprendre pourquoi la Paz est une des rares villes où les riches vivent en bas, et les plus pauvres en hauteur (à 4100m) ; l'oxygène à un prix! Le manque de souffle et les palpitations nous le rappellent à chaque déplacement. La capitale bolivienne grouille d'activités en tout genre. Essentiellement commerciales, des plus modernes aux plus anciennes. On est bien content d'être là, au milieu de cette « ville marché », des cireurs de chaussures, des vendeurs de glaces, de dentifrice, de 4 pieds de cochons, des tissus, de feuilles de coca... des magasins, des étals ambulants, des carrioles... Que de situations incongrues, hors du temps qui nous rappellent un peu l'Asie, le bruit en moins. Parce qu'ici, il n'y a pas de mobylette. Pas une!

Si une chose doit caractériser la Bolivie pendant notre bref passage, c'est peut être l'activité des porteuses. Ces femmes qui passent le pas rapidement pour ne pas crouler sous le poids du fardeau qu'elles transportent. Tout peut entrer dans leur grands tissus rose et bleu qui les suit partout: Bébé, herbe coupées, nourriture, casseroles ou cartons de marchandises... Jamais un voyage à vide! Nous en resterons cette fois à nos premières impressions, parce qu'il est déjà temps de partir. Ça gronde toujours au Pérou et çà ne risque pas de s'arranger pendant le sommet diplomatique prévu dans 10 jours. Nous devons accélérer le pas si nous voulons rejoindre Lima à temps.

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07 novembre 2008

Retour a l´ocean

Le désert d'Atacama est complètement pelé de toute végétation, çà fait bizarre. Pour se rendre compte des distances, il n'y a que la hauteur des tourbillons de poussières à l'horizon. Ces tornades semblent venir de très loin et paraissent ne jamais s'essouffler. Elles assèchent l'air toujours un peu plus si cela est possible. La région est l'une des plus sèche du monde.

Une oasis. Le village de San Pedro. Ce n'est pas si séduisant que ce qu'il s'en dit, car c'est un vrai parc à touristes, où l'amabilité des gens a disparue proportionnellement au gonflement exagéré des prix. Alors à la manière des étoiles qui strient le ciel nocturne de cet endroit, nous filons.

Pendant des heures le bus suivra une route parfaitement droite, escorté par des ribambelles de pilonnes métalliques. Il y a une centrale géothermique aux pieds du volcan. On est encore loin de l'océan,  mais les vagues décrites par tous ces fils donneraient facilement la nausée...

L'entrée chaotique dans un improbable village nous sort d'un petit somme... Les gens sont-ils fous ici? Mais que font-ils? L'ennui les aurait-il ronger jusqu'à  l'ultime activité de retourner le désert? Grain par grain! L'ennui, non, mais l'argent, oui. Nous apprenons vite qu'il a sous nos pieds plus de 13% des ressources mondiales en cuivre. Voilà donc la raison de tamiser le désert! Et on suit maintenant la voie ferrée qui achemine ces trouvailles vers les bateaux. 

Tocopilla Iquique, Arica. Des villes coincées entre montagne et océan. De gros ports. Cette dernière se trouve juste à la frontière avec le Pérou, suffisamment haut sur la carte du Chili pour que les gens ne s'y déplacent pas par plaisir. Ils ont tord, parce que c'est assez sympa. Comme la ville est oubliée des chemins touristiques, on ne s'attend à rien en arrivant, et on découvre de proche en proche, un peu comme les abeilles, des petits trésors du quotidien des gens d'ici. Notre coup de coeur, c'est le port, qui sent particulièrement mauvais. Peut être à cause de la bonne réputation des phoques... Ils sont énormes. Ils pourraient facilement retourner les barques amarrées. Pourtant le monde des pêcheurs, des phoques, des mouettes et des pélicans, cohabite sans prise de bec. Çà c'est le sort réservé aux sardines!

Mais à quelques kilomètres, il n'en n'est pas ainsi. Côté Pérou çà grogne, çà manifeste, çà coupe les routes. Les protestations des mineurs contre les prélèvements financiers du gouvernement fige depuis plusieurs jours les aller et venues dans le sud du pays. Notre route vers Aréquipa s'avère donc infranchissable, et ce jusqu'à quand?... nous n'avons plus beaucoup de temps devant nous pour rejoindre Lima. Les bus circulent facilement vers La Paz. On attend encore un jour... Et à l'heure qu'il est, nous sommes à nouveau sur les pentes de la Cordillère, plus précisément sur les pentes de la capitale bolivienne.

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01 novembre 2008

Acclimation á l´altitude

Altitude, 4000 mètres. L'air se raréfie, les bras et les jambes deviennent plus lourds, les mouvements plus pénibles. Le remède local c'est de chiquer des feuilles de coca.

On continue à monter, doucement, en serpentant au dessus des nuages. Nous sommes en route vers San Pedro de Atacama au Chili, de l'autre côté de la cordillère. Les dégradés et les formes des montagnes sont encore plus impressionnants d'en haut. Depuis plusieurs kilomètres, nous circulons dans un nouveau décor: l'altiplano, qui semble s'étendre à l'infini. C'est le territoire des guanacos et des lamas qui s'y fondent parfaitement. Ils semblent se satisfaire des maigres touffes jaunes qui couvrent le sol. Ils ne sont pas difficiles, et c'est sans doute pour çà qu'on les aime tant dans la région. Et puis ils sont très pratiques dans les contrées reculées. Ils donnent, la laine, le cuir, le lait, la viande et ils aident au transport pouvant se charger jusqu'à 30 kg. Nous on les aime bien, parce qu'ils sont très élégants d'abord et qu'ils sont les seuls à animer ces hauts plateaux.

Entre deux virages, on voit que çà brille au loin. Une langue blanche s'allonge à perte de vue aux pieds des montagnes. Avec le soleil, çà scintille toujours plus à mesure que l'on s'approche, jusqu'à ce que le blanc devienne insoutenable pour les yeux. Nous avons rejoint les Grandes Salines, le plus grand salar d'Argentine. On hallucine. Des tas de sel flottent sur l'horizon de ce désert achromatique. Le vent dessine des formes géométriques à la surface de la croute dure comme la pierre. Sensations fortes garanties même pour ceux qui ont grandis à Guérande.

Jusqu'au Chili la route est absolument superbe, peut être la plus belle que nous n'ayons jamais parcourue. Déserts, roches tombées du ciel, sculptures de la nature, bras de mer asséchés... A 4700m, çà commence à faire mal à la tête et aux oreilles. Devant il n'y a plus rien à l'horizon. Peu après nous nous lançons dans la grande descente en ligne droite, pour gagner San Pedro, 2500m plus bas.

Derrière les montagnes, l'Argentine. Nous l'avons arpentée de  haut en bas (ou presque) depuis plus d'un mois, accueillis chaleureusement par les habitants. Un morceau de continent fabuleux, où l'on fait l'appoint en bonbons et caramels quand la monnaie manque. Petites douceurs dans ce pays aride qu'on adore.

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29 octobre 2008

Remis en piste

Tout va mieux, nous voilà remis en piste.

Nous sommes encore une bonne semaine en Argentine, pourtant, en arrivant dans l'extrême nord, nous avons l'impression d'être déjà passé dans un autre pays, dont Salta pourrait être la capitale.

Fini les bonnes manières et les pizzas des arrières petits fils d'italiens. Fini les grillages au rythme du tango ou les immeubles en lignes. Nous sommes maintenant sur les hautes terres, celles qui ont résisté aux invasions coloniales successives, celles où vit une population indienne peu métissée qui parle encore le queschua des ancêtres. Désormais, tout se passe au dessus de 2000m. Dans l'assiette il y a du cabri ou du lama, dans les oreilles de l'ocarina ou de la flûte de pan, et toujours des couleurs PLEIN les yeux. 

Pour prendre notre temps et voyager au plus confortable, nous louons une voiture. Dans les vallées calchaquies, entre Salta, Cafayate, et Cachi, nous nous immergeons d'abord dans les camaïeux de rouges, puis de beiges, de verts... Une infinie panoplie de paysages arides qui se tordent dans tous les sens au gré de l'eau. La verdure serpente au plus près du ruisseau, mais tente d'atteindre les hauteurs en parsemant ses cactus. A cela, les monticules d'argile répondent en s'aiguisant toujours un peu plus dès qu'il pleut, en s'effilant vers le ciel.

Avec le temps, notre regard s'affine, et dans ces immensités géologiques on distingue maintenant des habitations. Des maisons on ne peut plus écologiques! Murs en briques de terre crue, charpente en bois de cactus et bambou, et couverture de boue. Qui dit mieux?  Autour il y a des enclos,  des peaux de bêtes qui sèchent au soleil, des briques et du bois empilés... fruits d'une activité humaine récente, mais sur la piste nous ne croisons personne. Le soir venu, dans les petits villages reculés comme Cachi, çà s'active un peu autour de la boutique ou de l'église. Il y a donc des gens dans le village! C'est Charmant. C'est calme. C'est beau.

Remontons la Quebrada de Humahuaca, dans les montagnes multicolores.

Dans un champs, en contre bas, une femme rassemble un troupeau de moutons. On la repère facilement avec son chapeau, sa chemise rose vif et sa jupe bleue... Le long de la route, d'autres femmes marchent sur des kilomètres sous de gros sacs qui leurs plient le dos... Quand on s'arrête quelques part, les enfants nous assaillent, quémandent des caramelos ou vendent des bracelets... Il y a des étals d'artisanats colorés un peu partout, les visages sont tannés par le soleil et l'air vif de l'altitude, la poussière brûle les yeux, les « vieux métiers » de gardien de troupeau ou porteur sont de plus en plus fréquents...

Vers midi le vent se lève jusqu'au soir, la poussière vole dans les ruelles désertes. Sauf quand les cars de touristes pressés déversent leur chargement pour une demi heure chrono (touristes quasi tous argentins, chiliens, espagnols ou français). Au coup de sifflet du guetteur, les vendeuses réapparaissent et le marché au tissus, chapeaux, écheveaux d'alpaga ou chalangos renait... Puis... de nouveau seul, le vent balaye la rue. Jusqu'au prochain bus. Un spectacle comme un autre me direz vous. Mais il y a des défilés bien plus intéressants pour nous, ce sont ceux des villageois, qui accourent vers les échoppes tôt le matin et tard l'après midi. Défilés de paniers, de vélos, de nattes sous les chapeaux, défilés de grandes jupes...

Plus rien à voir du tout avec les entrées et sorties de métro de Buenos Aires, ni même avec le reste du pays. Nous sommes ailleurs, en transition, bien plus proche de la Bolivie et du Pérou. Nous ressentons maintenant de grandes différences entre les habitants et nous autres touristes (un peu comme au début de notre voyage). Autres préoccupations, autres conditions de vie, autres rêves...

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