Dernièrement nos bottes de sept lieux ont eu tendance à nous diriger plutôt vers les villes. Ceci dit, à part ça ou le désert.... Le fait est qu'aujourd'hui, nous apprécions vraiment passer quelques jours à Uspallata, un petit village à 3h de Mendoza. Tout autour les sommets portent un même nom, les Andes, pourtant, tout le long de la route 7 qui mène jusqu'au Chili, il y a toujours un nouveau modèle de montagne. Il y en a des claires, des foncées, des grandes, des plates, des fragiles, des massives, des sèches, des glaciales... Que du beau.

Nous reprenons la direction du nord en remerciant bien Mariane et Cristian, pour tout ce bon temps passé ensemble. Et alors nous retrouvons la réalité des distances. Ahh! Après une journée entière sur la route, on n'a encore pas avancé très loin sur la carte! Le village étape du jour est San Augustin de Valle Fertil, un village oasis, un miracle de ce désert. On a eu le temps d'en faire le tour puisque pour continuer notre chemin, on a du attendre le bus suivant, deux jours après (et à 3h30 du mat'!). Mais pour passer le temps, il y a toujours en Argentine, une merveille de la nature dans les parages; enfin à 2 ou 3h de là.

Une nouvelle fois, çà ne manque pas. Nous restons sur les fesses en nous engouffrant entre les deux murs d'argile du canyon de Talampaya. A l'entrée du gouffre, juché sur un trône, le gardien de glaise géant ou... un gros bloc de pierre, selon l'imagination. En tout cas, il y a matière à modeler, c'est le moins qu'on puisse dire, et les fidèles artistes des lieux, le vent et la pluie, s'en régalent allègrement.

Le_condor___Talampaya

Quelques jours plus loin, notre bus très matinal arrive à la Rioja, au beau milieu des cactus. Et... la voilà l'épine du voyage! C'eut été trop beau, que tout se déroule sans encombre. Affaiblis  des effets du récent vaccin de la fièvre jaune, fatigués quand même, de six mois de promenade et secoués aussi par une escapade à cheval (piètres gauchos que nous sommes), nous voilà bloqués ici, le dos d'Emeline refusant de prendre le bus, menaçant d'une sciatique aigüe. Aïe.

Convalescence. Ne rien faire à la Rioja. Ça tombe peut être bien, parce que personne n'en dis rien de bon de cette ville. En arrivant on constate qu'à cette latitude, la population a encore changée. De plus en plus de traits indiens. Et comme aux premiers mois de notre voyage, on retrouve des moustiques et les mobylettes à 4 places, sans casque...

L'endroit s'avère finalement assez sympathique pour qui doit s'y reposer. Le jour il fait trop chaud pour bouger. Tout commence à la tombée de la nuit, vers 22h, 30°C... la fanfare des gendarmes pour la fête des mères, un concert pour l'ouverture du magasin, et sur la place trois guitares pour fêter la santé ou la victoire des footeux de la Boca...  chaque jour un nouveau prétexte à la musique dans la rue, et pendant ce temps là, nous, on se repose.