Nous nous réveillons au plein coeur du Pérou touristique: à Cuzco, « un des plus joli centre-ville du monde! » dixit Mathias. L'ancienne capitale est  riche de son passé, et c'est plutôt agréable de s'y promener. Mais si la quasi totalité des visiteurs viennent à Cuzco, ce n'est pas pour ses cathédrales, ses places, ses petites rues pavées ni même pour les montagnes qui la bordent, c'est en premier lieu pour les vestiges du site incas: le Machu Pichu!

Une découverte pareille çà change un pays! Une région au moins! L'Unesco s'y intéresse, les archéologues, les historiens... puis et surtout les agents touristiques! Il faut construire alors des infrastructures, des lieux pour accueillir, pour manger,... Un site qui déplace comme celui là, les foules du monde entier, çà créé de l'activité, de l'emploi, de la richesse... Et à en croire les gens du coin, la vie s'est littéralement transformée, nettement améliorée avec la grosse machine Machu Pichu. Pour tous ceux qui en profitent plus ou moins directement, c'est certain. Mais qu'en est-il pour les autres, ceux qui doivent faire face à l'inflation galopante liée au tourisme?? Simple question... Car les personnes qu'on rencontre tirent toutes profit de notre venue.

Alors le Machu Pichu? Qu'en est-il?

Plusieurs options s'offre à vous quand vous arrivez à Cuzco.

- Au plus simple, pas moins de 40 agences proposent d'organiser l'excursion sur la journée à partir de 135$/pers., (souvent bien plus), en groupe de 50...

- La formule plus perso, consiste à acheter soi même son ticket de train, puis de bus, puis d'entrée, puis du guide... pour presque la même somme, en classe de base. 

Dans les deux cas, il faudra prévoir passer une nuit à Aguas Calientes, cul de sac, piège où le touriste n'a pas d'autre choix que se laisser dévorer...

- Les plus sportifs choisiront l'option du chemin des Incas, rando sur 3 à 5 jours, sans aucun doute magnifique, accompagnés d'un guide, pour environ 350$/pers...

-Ne pas aller au Machu Pichu. C'est l'option la plus appropriée à ceux qui ne veulent pas dépenser 200€/pers. C'est l'option obligatoire, pour ceux qui ne sont pas organisés, comme nous, et qui attendent de voir sur place. Car, pour le chemin des Incas, il faut maintenant réserver plus de trois mois en avance!! Pour la visite à la journée, plus de deux jours avant et pour acheter un billet de train...houou...

On renonce à la très longue file d'attente pour trouver cet improbable ticket.

Avec les bus locaux, on se rend rapidement dans la vallée sacrée des Incas, au beau milieu des montagnes en terrasses. Dès qu'on s'écarte un peu du centre ville, la facade du quotidien des péruviens est moins enjolivée. Le tourisme des petits villages de Pisac, Urubamba ou Ollantaytambo est très loin derrière la grande machine Cuzco/MachuPichu. La vallée regorge pourtant de traces Incas toutes aussi précieuses, sinon plus. On se régale pendant deux jours à se balader dans les villages, à crapahuter jusqu'aux ruines, à apprendre de notre gentil guide et des vieilles pierres sur la civilisation Incas... L'intérêt de ces sites est injustement mis de côté.

L'affût touristique démesuré du Machu Pichu est très lié à son succès médiatique. Effet d'appel parfait sans logique archéologique ni de facilité de transport (sinon les autres ruines de la vallée auraient été choisies), mais bel et bien dans une logique financière...  pour preuve, le site est aujourd'hui victime de son succès, et pour sa préservation, on évalue que le nombre de visiteurs ne doit pas excéder plus de 800/jours. Or, il tend généralement autour de 2000 chaque jour.

Succès publicitaire. Le Machu Pichu est un symbole. Mauricio et Elisabeth, des touristes péruviens avec qui nous passons la journée confirment: « Le machu Pichu, on y va qu'une fois dans sa vie. On économise, on économise... pour dire on est allé au Machu Pichu! »...

Et bien nous, nous sommes allés à Pisac et Ollatanytambo, et c'était très bien aussi. En plus en discutant avec les gens là bas, on découvre peu à peu une autre option pour le Machu Pichu, celle qui ne s'offre pas à vous mais que vous pouvez vous offrir plus facilement, le cœur plus léger. En se rendant en transport local à Santa Theresa, il faut compter une bonne journée, un chemin mène en quelques heures de marche au fameux site! On l'a su trop tard, on n'aura pas découvert le dit « trésor » mais on a maintenant la clé... pour une prochaine fois. Encore plus fascinant :)