Le désert d'Atacama est complètement pelé de toute végétation, çà fait bizarre. Pour se rendre compte des distances, il n'y a que la hauteur des tourbillons de poussières à l'horizon. Ces tornades semblent venir de très loin et paraissent ne jamais s'essouffler. Elles assèchent l'air toujours un peu plus si cela est possible. La région est l'une des plus sèche du monde.

Une oasis. Le village de San Pedro. Ce n'est pas si séduisant que ce qu'il s'en dit, car c'est un vrai parc à touristes, où l'amabilité des gens a disparue proportionnellement au gonflement exagéré des prix. Alors à la manière des étoiles qui strient le ciel nocturne de cet endroit, nous filons.

Pendant des heures le bus suivra une route parfaitement droite, escorté par des ribambelles de pilonnes métalliques. Il y a une centrale géothermique aux pieds du volcan. On est encore loin de l'océan,  mais les vagues décrites par tous ces fils donneraient facilement la nausée...

L'entrée chaotique dans un improbable village nous sort d'un petit somme... Les gens sont-ils fous ici? Mais que font-ils? L'ennui les aurait-il ronger jusqu'à  l'ultime activité de retourner le désert? Grain par grain! L'ennui, non, mais l'argent, oui. Nous apprenons vite qu'il a sous nos pieds plus de 13% des ressources mondiales en cuivre. Voilà donc la raison de tamiser le désert! Et on suit maintenant la voie ferrée qui achemine ces trouvailles vers les bateaux. 

Tocopilla Iquique, Arica. Des villes coincées entre montagne et océan. De gros ports. Cette dernière se trouve juste à la frontière avec le Pérou, suffisamment haut sur la carte du Chili pour que les gens ne s'y déplacent pas par plaisir. Ils ont tord, parce que c'est assez sympa. Comme la ville est oubliée des chemins touristiques, on ne s'attend à rien en arrivant, et on découvre de proche en proche, un peu comme les abeilles, des petits trésors du quotidien des gens d'ici. Notre coup de coeur, c'est le port, qui sent particulièrement mauvais. Peut être à cause de la bonne réputation des phoques... Ils sont énormes. Ils pourraient facilement retourner les barques amarrées. Pourtant le monde des pêcheurs, des phoques, des mouettes et des pélicans, cohabite sans prise de bec. Çà c'est le sort réservé aux sardines!

Mais à quelques kilomètres, il n'en n'est pas ainsi. Côté Pérou çà grogne, çà manifeste, çà coupe les routes. Les protestations des mineurs contre les prélèvements financiers du gouvernement fige depuis plusieurs jours les aller et venues dans le sud du pays. Notre route vers Aréquipa s'avère donc infranchissable, et ce jusqu'à quand?... nous n'avons plus beaucoup de temps devant nous pour rejoindre Lima. Les bus circulent facilement vers La Paz. On attend encore un jour... Et à l'heure qu'il est, nous sommes à nouveau sur les pentes de la Cordillère, plus précisément sur les pentes de la capitale bolivienne.